

Tout le monde utilise ChatGPT ou Claude aujourd’hui, mais combien en tirent un véritable avantage compétitif ? Presque personne. Parce que la vraie différence ne réside pas dans l’outil, mais dans la capacité à se construire un assistant qui comprend vraiment vos projets, intègre vos méthodes et respecte vos standards.
Florian Zilliox, coach agile chez TAK, l’a bien compris : l’IA devrait nous faire gagner du temps pour nous permettre de nous recentrer sur ce qui requiert un discernement humain, pas juste pour produire plus. Il a transformé cette intuition en quelque chose de concret : il a construit sur Claude, le modèle d’Anthropic, un agent IA personnel baptisé Cockpit qui lui libère 15 heures de travail chaque semaine. Pas pour en abattre davantage, mais pour faire enfin ce pour quoi il a choisi ce métier.
Le grand malentendu des chatbots
Il y a une trajectoire familière dans le rapport qu’entretiennent la plupart des professionnels à l’IA : l’enthousiasme des premiers gains de temps, puis le plafond de verre.
“Je me retrouvais dans un rôle de photocopieuse humaine, à faire des copier-coller entre outils.”
– Florian Zilliox, coach agile chez TAK
CE POURQUOI IL EST PAYÉ
- Observer les dynamiques d’équipe
- Identifier les patterns systémiques
- Préparer et animer des ateliers
- Accompagner les personnes
- Prendre du recul sur l’organisation
CE QUE SON AGENDA REFLÉTAIT
- Comptes-rendus de réunions
- Extraction et formalisation de données
- Production de slides
- Mise à jour de to-do lists
- Copier-coller entre outils
Le vrai problème : des tâches qui fragmentent la pensée
Ce que Florian a compris, c’est que les tâches fastidieuses ne prenaient pas seulement du temps : elles fragmentaient sa pensée. Or dans un environnement comme TF1, quatre-vingt-dix personnes, six équipes interconnectées, son rôle de coach exige précisément l’inverse : prendre du recul, voir les patterns là où les autres voient des symptômes.
“Cette pensée systémique, comprendre qu’un mouvement à un endroit crée un impact ailleurs, c’est ce qu’on attend d’un coach. Mais on ne lui laisse généralement pas le temps de la construire.”
– Florian Zilliox, coach agile chez TAK
L’enjeu n’était donc pas de libérer du temps pour produire plus, mais de se libérer pour penser.
L’architecture de Cockpit : trois composants, un système
Cockpit, l’agent IA que Florian a construit, repose sur trois éléments que tout professionnel peut reproduire :

Le cerveau
Le cerveau de son agent IA est composé de fichiers Markdown qui constituent la mémoire permanente de l’agent. Au cœur, un fichier renommé “claude.md” contient tout ce que l’agent doit savoir de votre contexte : qui vous êtes, vos règles, vos déclencheurs automatiques. Autour, un dossier décrit l’organisation humaine, un autre compile des années d’expertise.
“Si je lui parle de Laure, il sait immédiatement qui elle est, ses priorités, sa feuille de route.”
– Florian Zilliox, coach agile chez TAK

Les connexions
Des connecteurs que Florian a configurés relient Cockpit aux outils du quotidien : Outlook, Drive, Jira, Miro. L’agent les installe lui-même, et l’ensemble fonctionne dans un écosystème sécurisé qui a passé les contrôles de TF1.
Parce que finalement, un agent personnalisé ne sert à rien si les données qu’il manipule ne sont pas à l’abri.

L’interface
Cette interface est une petite application que Cockpit a construite en suivant les directives Florian, sans que ce dernier n’ait eu besoin d’écrire une seule ligne de code.
Elle lui permet de basculer entre les modèles IA de Claude selon les besoins, Opus pour les tâches complexes, Sonnet pour les tâches courantes, de consulter les documents produits et de lancer ses agents en un clic. Mais Florian rassure : cette interface est un confort, pas un prérequis. Une simple fenêtre de terminal suffit pour commencer.
Ce que “bien configurer” signifie vraiment
La vraie difficulté n’était pas technique, elle était rédactionnelle.
“Au début, mes règles n’étaient pas assez précises sur le niveau de détail attendu. J’ai beaucoup itéré.”
– Florian Zilliox, coach agile chez TAK
Configurer un agent performant, c’est écrire des instructions sans ambiguïté : quoi faire, comment, dans quel format, et surtout quoi ne jamais faire. Florian a appris à Cockpit à ne pas envoyer d’e-mails à sa place, à ne pas mentionner certaines données, à utiliser des virgules plutôt que des tirets. Autant de détails qui font la différence entre un outil qu’on tolère et un collaborateur auquel on fait confiance.
Plus encore, en forçant Florian à écrire noir sur blanc ses règles, ses méthodes, ses limites, Cockpit l’a contraint à se documenter lui-même. Finalement, son agent IA a rendu service au-delà de ce qu’il espérait.
Les agents en question
Plutôt qu’une liste de fonctionnalités, voici ce que Cockpit fait réellement. Chaque lundi matin, pendant que Florian commence sa journée, un agent tourne en arrière-plan et prépare sa semaine à sa place.

D’autres agents génèrent des rapports pour le management, analysent des indicateurs depuis Jira, produisent des projections par simulations Monte Carlo. Finalement, ces workflows complets que Florian a pris des semaines à affiner tournent désormais sans qu’il ait à y penser.
Là où l’IA ne peut pas vous imiter
Florian ne prétend pas avoir délégué son métier à une machine : il est le premier à en poser les limites.
“Tout ce qu’il produit, je le considère comme une V0. Mon intelligence revient toujours dessus pour corriger. J’ai une base déjà formalisée sur laquelle je travaille, au lieu de partir de zéro. Les V1 définitives sont toujours de moi.”
– Florian Zilliox, coach agile chez TAK
Ce n’est pas de la modestie, c’est une philosophie de travail. Cockpit produit, structure, synthétise tandis que Florian juge, tranche, décide.
Et avec 15 heures libérées chaque semaine, il fait enfin ce pour quoi il est là : observer ce qui ne se dit pas, décrypter les dynamiques, aller au contact des équipes. Ce travail-là, aucune machine ne peut le faire. Mais une machine peut, enfin, lui en laisser le temps.